ENTRETIEN AVEC UN AMOUREUX DU LIVRE

Mathurin Goli Bi Irié écrivain IvoirienMathurin Goli Bi Irié, écrivain Ivoirien, crédit photo Mathurin Goli Bi Irié

Dans le monde de la littérature francophone en Afrique de l’Ouest, un nom parmi tant d’autres a retenu mon attention, celui de l’Ivoirien Mathurin Goli Bi Irié. Avec de la chance, j’ai pu avoir un entretien avec un homme de lettres, amoureux du livre, le père de « Sous le voile de la mariée » comme je me plais de l’appeler. Enseignant de formation, il donne dans cet entretien qu’il m’a accordé, l’intérêt qu’il a pour le livre, ce qui explique d’ailleurs ces conférences qu’il a animées dans certaines villes de la Côte d’Ivoire. Sa vision qu’il a du livre est que « Le livre à maints égards demeure le principal vecteur de l’identité culturelle d’un peuple. À cet effet, il assure la plénitude de la formation morale, intellectuelle, culturelle et éducative des élèves. » Mathurin Goli Bi Irié. De nos jours, le constat qui est fait est le manque d’intérêt pour la lecture par les apprenants et Mathurin Goli Bi Irié nous donne son point de vue sur ce qui pourrait expliquer ce fait.

Mathurin G. B. Irié à une conférence

Mathurin G. B. Irié à une de ses conférences, crédit photo Mathurin Goli Bi Irié

1- Comment pouvez-vous vous présenter à ceux ou celles qui ne vous connaissent pas ?

Je suis Mathurin Goli Bi Irié, professeur de lycée, Adjoint au Chef d’Établissement au lycée moderne 1 de Bassam. Par ailleurs écrivain, auteur de plusieurs œuvres dont ‘’ Sous le  voile de la mariée’’, œuvre au programme en classe de Terminale dans les lycées de Côte d’Ivoire. Je suis marié et père de filles et cinq garçons.

2-Comment êtes-vous devenu écrivain ?

Je ne peux l’expliquer. J’en sais une seule chose. C’est la volonté de Dieu, maître de l’univers. C’est seulement sous la dictée de Dieu que j’écris et communique avec ceux qui me lisent. Gloire lui soit rendue.

3- Sur les réseaux sociaux, j’ai eu la chance de voir que vous avez tenu des conférences dans plusieurs villes du pays devant un public constitué en grande partie d’élèves. Ce que j’aimerais savoir est ceci : qu’est-ce qui a suscité chez vous cet intérêt ?

Je réponds aux invitations des lycées qui sollicitent me voir pour une conférence. Donc, je n’ai pas de cible en fixation au départ. Cela est justifié par le fait que mon roman « Sous le voile de la mariée » est étudié dans plusieurs lycées du pays. Mais ce qui me motive davantage, c’est la formation des jeunes, fers de lance dans le devenir de notre nation. En effet, une jeunesse bien formée est le gage d’un développement certain de toute nation ambitieuse.

4- Pour vous : Que doit être la place du livre dans la formation des apprenants ?

Le livre à maints égards demeure le principal vecteur de l’identité culturelle d’un peuple. À cet effet, il assure la plénitude de la formation morale, intellectuelle, culturelle et éducative des élèves. Le livre se trouve donc au départ et à la fin de l’élévation sociale des apprenants. Il doit être donc la racine et le point culminant du désir culturel et intellectuel de l’élève.

Photo de famille de l'écrivain avec des élèves

L’écrivain avec des élèves, crédit photo Mathurin Goli Bi Irié

5- Vu qu’aujourd’hui les apprenants font trop de fautes dans leurs productions écrites et même ont du mal à s’exprimer correctement, que pensez-vous que doit faire le système éducatif à propos de la lecture ? Que doit-on faire selon vous pour que la lecture figure dans le quotidien des apprenants ?

Le système scolaire, à mon sens, n’est pas trop responsable du désintérêt des élèves pour la lecture. Le problème se trouve à trois niveaux. Les parents, les enseignants, et la politique générale gouvernementale.

a) Les parents n’incitent pas leurs enfants à la lecture. On voit souvent que les cadeaux de fin d’année sont autres que les livres. Par ailleurs, à la maison, les bibliothèques sont inondées d’assiettes, de cuillères, de vers, de torchons et autres… Souvent, on n’y trouve aucun livre. L’enfant ne peut devenir un amoureux de la lecture si aucune culture dans ce sens ne lui a été inculquée.

b) Au niveau de l’État. On a axé la politique sur les émotions musicales et chorégraphiques. Aucune émission d’envergure littéraire sur la première chaîne de télévision nationale. On a souvent mis dans l’esprit des jeunes le culte de l’argent au détriment de la nécessité des valeurs culturelles, dont la lecture.

c) À l’école, surtout dans les lycées et collèges, il n’existe pas de club littéraire. En plus, certains professeurs n’ont pas cette volonté d’attirer les élèves vers l’importance de lecture. Surtout que beaucoup ne lisent pas. C’est ahurissant de le constater au niveau d’un professeur qui a besoin de maintenir sa connaissance. Un professeur pour le commun des mortels est un démiurge. Hélas ! C’est donc normal que les apprenants laissés pour compte ne sachent s’exprimer et fassent des fautes élémentaires.

6- Quels sens donnez-vous au Salon du livre qui s’est tenu tout récemment à Abidjan ?

Le Salon du livre est une messe dédiée à la culture et à l’amour du savoir et de la connaissance dont le livre reste et demeure le creuset incontournable. Ce salon montre bien que l’industrie du livre dans le pays se porte bien et peut concurrencer les domaines dans lesquels l’Afrique excelle déjà. Ce sont, le chant et la danse. Le Salon du livre est un tremplin de rapprochement des lecteurs à leurs idoles qu’ils n’ont toujours pas à portée de main. C’est une consécration culturelle au profit de tous les militants de la culture pour relever les défis nouveaux à travers le savoir et la connaissance contenus dans les livres.

 

 

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