La Côte d’Ivoire face à la grogne sociale

Depuis le 9 janvier dernier, la Côte d’Ivoire est confrontée à des remous sociaux: les fonctionnaires observent un moment de grève.

Ils protestent contre le plan de retraite mis en place par l’État : ce décret augmente l’âge d’aller à la retraite et le fait passer de 55 à 60 ans et 65 ans pour les grades les plus élevés. Aussi, les cotisations passent de 6 à 8.33 % du salaire. Dans cette logique, les fonctionnaires peuvent espérer l’augmentation de la pension de retraite. Mais non, c’est plutôt le contraire, les pensions sont réduites de 30 à 50 %. À cela s’ajoute le stock des arriérés impayés et une revalorisation salariale. On peut dire que le front social est en ébullition.

Service minimum dans les administrations

Suite à cette grève, les établissements scolaires restent fermés. Dans l’administration, les services tournent au ralenti et le service minimum est assuré dans les hôpitaux. En clair, les choses ne se passent pas bien et le pays reste paralysé par cette grève. Le gouvernement, qui attend négocier avec les syndicats, semble jusque-là ne pas avoir la volonté de donner satisfaction aux revendications. Comme si cela ne suffisait pas, voici qu’éclate une mutinerie. La fronde sociale a gagné, semble-t-il, les casernes.

Le gouvernement se trouve coincé par ceux-là mêmes qui ont donné leur corps et leur vie pour l’ascension d’Alassane Ouattara au pouvoir. Que veulent-ils encore ? Ce sont demandés les Ivoiriens dans leur ensemble. Ils veulent une amélioration de leur condition de vie et donc 12 millions de FCFA pour chacun. Il semble que cela est une promesse qui jusque-là n’a pas été tenue. Alors, ils exigent réparation. En 48 heures seulement, le gouvernement s’est plié à leurs exigences. Les mutins recevront 5 millions dans un premier temps et 1 million leur sera versé chaque mois pour atteindre les 12 millions.

Bras de fer entre syndicats et fonctionnaires

Quant aux fonctionnaires, leur revendication reste insatisfaite. Comme quoi : « à chacun sa lutte ». La rapidité avec laquelle le gouvernement a résolu le problème des mutins est déconcertante et fait grincer les dents des fonctionnaires qui durcissent alors le ton et restent sourd aux appels lancés par le gouvernement leur demandant de reprendre le travail et de compter sur sa bonne foi. Pour l’ensemble des fonctionnaires, leurs revendications doivent être satisfaites coûte que coûte. Il est inadmissible que le gouvernement se permette d’avoir deux poids deux mesures.

Le bras de fer entre syndicats des fonctionnaires et gouvernement continue et les intimidations semblent ne plus faire leur effet. Aussi, des tirs se sont fait entendre ce mardi 17 janvier dans la Capitale politique Yamoussoukro. S’agit-il de mutins mécontents ou une autre mutinerie ? Les Ivoiriens espèrent bien que ce qui se passe va très vite prendre fin et que l’on n’est pas en train d’assister au réveil des vieux démons de la guerre.

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