Famine dans le sud de Madagascar: vent de désespoir sur la région

malgaches dans le sud de MadagascarGroupe de malgaches, ph. matin.mg

La Terre des ancêtres ou encore la Grande Île a vu le sud de son territoire frappé par des mois de sécheresse. Ce qui laisse planer sur la région une menace de famine. L’insécurité alimentaire qu’occasionne cette sécheresse met en danger la vie des habitants du sud.

 

famine dans le sud de madagscar

Personnes en rang avec un bol pour avoir la nourriture, ph. agir.avec.madagascar.over-blog.com

Madagascar est l’un des pays les plus pauvres au monde. Ce pays est confronté à une crise alimentaire alors que les trois dernières années ont été difficiles dans le sud du pays. À Madagascar, 92 % des habitants vivent en dessous du seuil de la pauvreté. Aussi, ce pays alors qu’il est loin d’être un pays industrialisé et donc grand pollueur, fait les frais du bouleversement climatique. Le phénomène directement responsable de cela est bien le phénomène El Nino. Ainsi, 1,4 million de personnes sont en insuffisance alimentaire principalement les enfants et les personnes âgées avec 850 000 dans un état grave. Ce qui revient à dire que ces personnes sont dans l’incapacité de satisfaire leur besoin journalier en nourriture. Du coup elles ne peuvent que compter sur une aide alimentaire d’urgence pour survivre te faire face à la famine.

Sécheresse dans le sud de Madagascar

Champ de maïs détruis par la sécheresse, ph. tsimokagasikara.worpress.com

La population scrute le ciel depuis quelque temps dans l’espoir que les écluses du ciel s’ouvrent et laisser tomber la pluie. Ce qui pourra mettre fin à ce cauchemar, à cette famine. Mais hélas ! Non !

En pareille situation, les enfants ne se portent pas bien et les visites chez le médecin ne donnent pas de bonne nouvelle. Les enfants auscultés présentent des signes de malnutrition aiguë sévère. Alors que la malnutrition aiguë sévère est synonyme de condamnation à mort. D’où l’urgence pour sauver des vies en danger de mort.

C’est dans ce contexte que le 2 décembre, le pays a obtenu à Paris 5,9 milliards d’euros des bailleurs de fonds (banque mondiale, Banque africaine de développement (BAD), Union européenne et agences des Nations Unies, etc.). Cela en vue de mettre sur pieds l’économie d’un pays qui a été pas mal secoué ces 5 (cinq) dernières années par une instabilité politique. Difficile de dire qu’une bonne partie de cet argent arrivera jusque dans le sud pour permettre la construction d’infrastructures et des routes qui sont déjà dans de piteux états. La dégradation de la route rend difficiles le ralliement et le cheminement d’aide dans cette partie du pays. L’on espère bien que les autorités malgaches vont s’atteler à cela.

Il faut aussi souligner que le désespoir mêlé à l’instinct de survie a amené beaucoup de ménages à envisager des décisions palliatives en vendant beaucoup de leur moyen de production notamment les bœufs. Alors, que ces derniers les aident dans les travaux champêtres. Ces bœufs ont été bradés sur le marché à 100 000 ariarys (monnaie malgache) soit 7 (sept) à 8 (huit) inférieur au prix véritable.

figues de barbaie

figues de barbarie poussant sur des feuilles de cactus, ph. agir.avec.madascar.over-blog.com

À cela s’ajoute que beaucoup sont contraint, pour dompter la faim, de consommer des figues de barbarie poussant sur les feuilles de cactus et que l’on trouve aussi sur les étals du marché ou encore des mangues roulées dans la cendre.

L’UNICEF fait savoir que la moitié des enfants malgaches de moins de 5 (cinq) ans sont mal nourris. La conséquence de la malnutrition sur les enfants cause des bouleversements physiques, mais aussi un ralentissement de leur développement intellectuel. Cela fait que 2 millions d’enfants ne pourront pas étudier convenablement et être productifs pour leur pays. La Terre des ancêtres perd ainsi chaque année 700 millions de dollars selon l’UNICEF et cela à cause de la malnutrition. Alors, l’on constate que le pays perd gros à cause de la malnutrition. Beaucoup de vies sont menacées et l’avenir d’un grand nombre d’enfants est gâché ; accentuant encore plus la pauvreté de la population.

Certes, certaines actions ont déjà été menées comme le don de tiges de patate douce améliorées résistant mieux à la sécheresse par la FAO et adaptées aux conditions climatiques du moment à Andahive, commune de 505 habitants ; et même si cela donne des résultats encourageants, c’est tout de même insuffisant. La population a besoin de pluie et en attendant que le ciel se montre plus clément pour mettre fin à la famine, le sud a urgemment besoin d’aide.

À quelques jours de Noël et du Nouvel An, il faut savoir que beaucoup d’enfants malgaches ne seront pas en mesure de manger à leur faim. Même si selon une idée reçue, le sud a toujours été oublié par les autorités, il ne faut pas oublier le sud de Madagascar, il faut agir énergiquement de sorte à sauver des vies, de sorte à répondre plus efficacement à ce qui est une urgence humanitaire.

 

 

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *