Armée ivoirienne : le retour des ex-chefs de guerre

L’ascension au pouvoir du président Alassane Ouattara a été possible avec l’aide de la branche armée de la rébellion : les forces armées des Forces nouvelles. Leur concours a été crucial pour évincer du pouvoir Laurent Gbagbo. Il faut rappeler qu’à l’issue de l’élection présidentielle, chaque partie revendiquait la victoire. Alassane Ouattara a pu s’installer au pouvoir avec d’une part l’aide de la France et d’autre part l’apport des Forces nouvelles. Pour accepter de venir livrer bataille afin de chasser Gbagbo du pouvoir, des promesses ont sans doute été faites aux ex-rebelles pour les motiver à la bataille. Après avoir évincé Gbagbo, certains ont été insérés dans l’armée régulière et d’autres dans divers secteurs d’activités. Mais il semble que l’accord établi avec les ex-rebelles n’ait pas été entièrement respecté. Alors, pour se faire entendre, les ex-rebelles organisent une mutinerie.

  • Contestation militaire

La population ivoirienne qui a encore en souvenir cette atroce guerre (qui a fait des milliers de morts) a semblé assister au réveil des vieux démons de la guerre. Elle a du mal à comprendre ce soulèvement au sein de l’armée ivoirienne. Les villes comme Bouaké, Yamoussoukro, Dimbokro (centre), Korhogo (nord) ou encore  Man (ouest) et Daloa  (centre Ouest) … ont été secouées par des tirs d’ hommes en armes. Les mutins réclamaient chacun douze millions. Après de vives discussions avec les autorités étatiques, en 48 heures le président a répondu favorablement à leur exigence.

le ministre Donwahi et les mutins à Bouké

Crise dans l’armée ivoirienne : le ministre Donwahi avec les mutins lors des négociations à Bouaké, ph. abidjantv.net

L’accord trouvé dit que 8400 mutins pourraient percevoir chacun cinq millions puis le reste suivra progressivement, selon un échelonnement bien défini. Mais la nouvelle des millions donnés aux mutins a provoqué la colère des ex-fds, de la gendarmerie et du groupement des sapeurs-pompiers qui se voient lésés dans cette affaire. Après maintes tractations, la situation semble maintenant se calmer même si certains des ex-rebelles qui n’ont pas été retenus dans l’armée ivoirienne réclament eux aussi leurs millions.

  • Conséquence de la mutinerie

Il est clair que pareil acte ne peut rester ainsi sans une réaction énergique du gouvernement. C’est ainsi que l’on a enregistré des changements notables au sein des Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI). De grosses têtes sont tombées dont le chef d’état-major, le commandant supérieur de la gendarmerie et le chef de la police nationale. Ainsi, depuis le 26 janvier dernier, le gouvernement ivoirien a procédé à des nominations au sein de l’armée ivoirienne. On assiste au retour des ex-chefs de guerre, ces derniers ont en effet été promus.

On peut dire que c’est peut-être parce que ceux-ci maîtrisent mieux leurs hommes qu’ils sont là. Si c’est le cas, alors il est clair que le pouvoir veut mettre tout en place pour ne plus voir se répéter pareille mutinerie. Le gouvernement va surement miser sur ces ex-chefs de guerre pour tuer dans l’œuf toute autre forme de mutinerie. Ils connaissent bien leurs hommes et ils sauront, au besoin, agir pour les calmer. C’est donc dire que les ex Forces armées des forces nouvelles (FAFN) restent beaucoup plus influents dans cette armée ivoirienne et sont à des postes clés.

  • Encore des zones d’ombre à éclaircir

Il faut souligner que certains ex-combattants, qui ont combattu dans le camp des FAFN et qui n’ont pas été retenus dans l’armée, se disent lésés.

des dozos

Groupe de dozos, ph. lamediane.com

Aussi, les chasseurs traditionnels du nord de la Côte d’Ivoire appelé Dozos n’ont pas été touchés par ce vent de millions qui souffle sur les ex-rebelles, pourtant ils ont pris part eux aussi à cette escalade qui a permis à Alassane Ouattara de s’installer au pouvoir. Espérons que le gouvernement qui dit maîtriser la situation saura faire ce qu’il y a à faire pour calmer tous les esprits.

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