Gabon 2017, l’idée de l’organiser est-elle bonne?

L’organisation de la CAN 2017 est l’affaire du Gabon. Initialement prévue en Libye, la CAN 2017 pourra se tenir au Gabon pour cause d’insécurité en Libye. Ainsi, le Gabon se voit organiser pour la deuxième fois en cinq ans la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) sur son sol. Mais, organiser Gabon 2017 a un coût et en retour le pays organisateur s’attend à des retombées positives. Toutefois, est-ce une magnifique idée que celle des autorités gabonaises d’oser prendre l’initiative d’organiser cette CAN 2017 ?

  • Le coût de l’organisation de Gabon 2017
stade en construction pour la can 2017

Gabon 2017, construction de stade pour la CAN, ph. gabonreview.com

Il faut rappeler que le Gabon a été pays coorganisateur de la CAN 2012 avec la Guinée Équatoriale : c’était la 28e édition de la CAN. En 2012, le Gabon a décaissé 400 milliards de francs CFA pour son organisation. Mais aujourd’hui, le budget est plus lourd : 463.1 milliards de francs CFA. Ainsi, en cinq ans seulement, le pays a décaissé 863 milliards de francs CFA.

La gestion de ce budget a été repartie en deux administrations : l’agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI) devra gérer un budget de 283 milliards de francs CFA et le comité d’organisation de la CAN (COCAN) aura 108.1 milliards pour mener ses activités. Il convient de préciser que la part de l’État gabonais dans le budget est de 303.5 milliards soit 66 % et les 34 % restant relèvent d’un financement par emprunt soit 159.6 milliards de francs CFA. Cela représente 5 % de la dette générale du Gabon.

Pour être plus précis, il faut noter que les 159.6 milliards de francs CFA sont destinés au financement des travaux du stade omnisports Omar Bongo de Libreville avec un coût de 37.4 milliards, les stades de Port-Gentil à 42.7 milliards FCFA et d’Oyem à 36.3 milliards FCFA. Aussi, des routes à Port-Gentil coûteront 42.7 milliards FCFA et les travaux de l’aéroport d’Oyem à 500 millions FCFA.

Alors, les dépenses de Gabon 2017 ont été réparties en six grandes rubriques comme suit : 283 milliards pour la rubrique infrastructure, 143.2 pour l’Événement, 20 milliards à la sécurité, 8 milliards de FCFA reviennent à l’Agence nationale des infrastructures numériques et fréquences, 4 milliards FCFA pour la prise en charge médicale et 4.9 milliards à l’exploitation des infrastructures sportives et culturelles.

L’organisation d’un tel événement coûte cher, si le Gabon a accepté d’organiser la CAN 2017 c’est sûr qu’elle s’attend à des retombées positives. Qu’en est-il de ces retombées ?

  • Les retombées de la CAN 2017

Le 8 avril 2015, le Gabon a vu son vœu d’organiser la CAN 2017 exaucé au détriment de l’Algérie. Organiser une compétition comme la CAN demande des moyens conséquents. Pour ce faire, les autorités gabonaises ont investi 463.1 milliards FCFA pour accueillir la CAN. Il faut comprendre que le Gabon, en acceptant l’organisation de la CAN, s’attend à des retombées positives. En effet, les retombées pourront se sentir sur l’économie gabonaise et de principaux acteurs d’une part et aussi et surtout sur l’image du pays et celle de son président qui sort d’une élection présidentielle qui a un moment remué le pays. Il y avait d’un côté Jean Ping qui se déclarait vainqueur et de l’autre Ali Bongo qui revendiquait lui aussi la victoire. Le pays traverse une crise avec la baisse du prix du pétrole. Alors sur le plan économique, le Gabon espère tirer profit de cette CAN 2017. Le pays rêve de voir les retombées comme cela a été le cas en 2012 quand il était coorganisateur de la CAN. Certes, il a été difficile de quantifier les retombées économiques, mais l’on a remarqué la création d’emploi, il y a les infrastructures sportives qui permettront au pays de pouvoir être en mesure d’accueillir d’autres compétitions sportives et se faire une place de choix sur le plan international.

Stade de football pour la CAN 2017 au Gabon

Gabon 2017, Stade de football, ph. gabontribune.com

Dans le secteur du tourisme, le pays a rénové et construit des infrastructures hôtelières. Ainsi, les quatre villes devant abriter les matchs de football ont connu la rénovation et la construction des infrastructures hôtelières pour renforcer sa capacité d’accueil. L’on enregistre aussi la construction de route, des hôpitaux. Les opérateurs dans le secteur de la télécommunication trouveront aussi leur compte et payeront bien évidemment des taxes au gouvernement. Ce qui est une bouffée d’air frais pour le gouvernement gabonais. Un fait positif qui est à souligner est l’image du pays qui sera redorée après des semaines d’une crise post-électorale qui a enflammé les passions.

Il convient de noter que malgré les retombées qu’attend le Gabon, des voix trouvent inopportune l’organisation d’une telle compétition par le Gabon.

  •   L’organisation de la Gabon 2017 est-elle opportune ?

Aujourd’hui, le contexte de l’organisation de la CAN 2017 ne sont pas les mêmes qu’en 2012. Le prix du pétrole a chuté, ce qui n’est pas bon pour l’économie gabonaise qui dépend beaucoup de l’or noir. À cela s’ajoute aussi l’indiscipline budgétaire observée au Gabon ces trois dernières années.

Il faut souligner que le front social était en ébullition et l’on a constaté la presque paralysie du pays suite à des grèves dans l’administration. Les enseignants ont aussi réclamé de meilleures conditions de vie et de travail et ont demandé à l’État de revoir à la hausse leur salaire. Dans un tel contexte, comment comprendre l’entêtement des autorités gabonaises à organiser coûte que coûte cette CAN qui fait un grand trou dans le budget de l’État ? Est-ce à dire que Gabon 2017 est prioritaire sur tout ce qui mine le pays comme remous sociaux ? La population a du mal à comprendre pourquoi l’État reste sourd à toutes ces revendications. Aussi, il est bon de souligner que deux des quatre villes choisies pour la compétition à savoir Port-Gentil et Oyem demandent des travaux lourds pour être prêtes à accueillir la CAN. Les moyens financiers déployés vont donc peser lourd dans la balance. Aux yeux de beaucoup, ces dépenses sont loin d’être les bienvenues dans un contexte ou l’économie tourne au ralenti.

L’on espère que les retombées qu’attend le gouvernement gabonais seront très positives et apporteront un plus à l’économie gabonaise. L’on attend de voir si le choix d’organiser Gabon 2017 peut être considéré comme le coaching gagnant.

 

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