Sommet Afrique France : quel intérêt aujourd’hui ?

Sommet Afrique France à Bamako, ph.

Les États francophones africains ont toujours gardé, dans leur ensemble, une relation privilégiée avec leur ancienne puissance colonisatrice : la France. C’est sans doute en vue d’affiner leur rapport qu’un sommet Afrique France a été institué. Ce sommet qui est à sa 27e édition se tiendra du 13 au 14 janvier à Bamako au Mali. À coup sûr, les dossiers comme celui de l’économie et du développement seront abordés.

sommet Afrique France

Sommet Afrique France pour le partenariat, la paix et l’émergence, ph. sommetafrique-france2017.ml

  • Ce sommet France Afrique est-il utile pour le devenir de l’Afrique ?

Pour ce sommet, certains États anglophones sont conviés. Ce sera une cinquantaine de pays que l’on attend sur le sol malien. Il a déjà eu d’autres sommets de ce genre et la question que l’on peut aisément poser est : que peut bien apporter à l’Afrique un tel sommet ? Depuis la tenue de ce type de sommet, le constat est clair, l’Afrique n’a pas encore réussi son décollage économique. C’est sans doute ce qui amène pas mal d’observateurs africains à voir ce sommet d’un mauvais œil. Au-delà des thèmes assez intéressants qui seront débattus, comme le développement, l’économie, etc. la réalité est que les populations africaines ont du mal à joindre les deux bouts. Cela a le don d’effriter la confiance entre eux et leurs dirigeants. L’ancienne puissance colonisatrice est accusée de favoriser, à sa guise, ce marasme économique des États africains francophones de sorte à les maintenir dans le besoin pour pouvoir les avoir à sa merci, afin de mieux les spolier. Il s’agit beaucoup plus de leurs matières premières et aussi de la richesse de leur sous-sol. C’est dire que pour beaucoup d’Africains, ce sommet n’apportera rien de bon aux États africains. Il est sans importance et le décollage économique de ces États africains ne passera pas par ce genre de sommet.

  • Doit-on espérer du sommet France Afrique ?

L’on assistera à un ballet d’investisseurs qui viendront étudier les marchés et les possibilités d’investissement. Les multinationales seront très intéressées par ce qui sera décidé à ce sommet. Elles seront bien présentent et, pour beaucoup, influenceront les décisions qui seront prises. Le décor de ce sommet pourrait bien laisser planer un vent d’espoir, mais l’œil avisé sait que si cela pouvait bien changer quelque chose, longtemps cela serait constaté. Les dirigeants africains peinent à mettre sur pieds un plan réel pouvant les faire sortir de la pauvreté. Longtemps, les États africains ont tendu la main et cela continu d’ailleurs. Les populations attendent de voir s’exécuter de vrais programmes de développement. Aussi, les multinationales déjà présentent sur le continent asphyxient les industries locales qui ont assez de mal à s’implanter et s’étendre. Ce qui est loin d’être bon pour l’économie nationale.

Aujourd’hui, pratiquement tous les États africains prêchent l’émergence. Mais, l’émergence demande aussi la stabilité politique, ce qui n’est pas le cas dans bon nombre d’États africains et un bon programme de développement. La corruption et le détournement des deniers publics qui sont si présents sur le continent doivent être éradiqués au plus vite. Les dirigeants africains semblent plus être préoccupés à assurer leur toute-puissance plutôt que de planifier un programme réel de développement. Leur comportement est franchement déplorable. Ajouté à cela la monnaie héritée de la colonisation à savoir le franc CFA. Cette monnaie que plusieurs voix décrient aujourd’hui continue de faire son petit bonhomme de chemin. Les États africains de la zone franc CFA se doivent de verser 50 % de leurs réserves de change auprès du trésor public français, ce qui est loin de les aider dans leur économie.

Alors, il apparaît difficile de se laisser gagner par l’espoir que quelque chose de concret, de potable pourrait prendre forme à l’issu de ce sommet. Pour les détracteurs de ce genre de sommet, les États africains doivent avoir le courage de couper enfin le cordon ombilical qui les lie à leur ancienne puissance colonisatrice. Car, pour eux toute décision prise à ce genre de sommet ne peut qu’être en faveur de l’ancienne puissance colonisatrice. Ce sommet, selon leur vision, fait partie d’un système pour engluer l’économie des États africains. C’est en un mot du néocolonialisme.

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