Brouhaha autour du projet de Constitution

Manifestants contre la nouvelle constitution, ph. abidjantv.net
Projet de constitution, marche de l'opposition, ph. news.abidjan.net

Projet de Constitution, marche de l’opposition, ph. news.abidjan.net

Le projet de Constitution qui est en phase de devenir la nouvelle Constitution de la Côte d’Ivoire fait trop de bruit et cela est su par tout le monde. À quelques jours du vote alors que l’Assemblée nationale a déjà fait sa part en donnant son « OK ! », deux voix se font entendre en Côte d’Ivoire : la voix du « oui » et la voix du « non ».

En effet, le peuple ivoirien est convoqué aux urnes le 30 octobre 2016 prochain pour décider si « oui » ou « non » il veut de cette nouvelle Constitution que lui propose le président Alassane Ouattara. Il faut souligner que le président Ouattara est allé plus loin en ne demandant pas uniquement la modification de l’article 35 de la Constitution de 2000 selon les accords de Linas-Marcoussis, mais selon sa vision politique, il propose aux Ivoiriens une nouvelle Constitution. À ce sujet, le RDR et ses alliés politiques regroupés au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix à savoir le RHDP sont déjà en campagne pour demander à la population de voter pour le « oui » à ce projet de Constitution pour que naisse la troisième république. Quant aux partis de l’opposition, avec le Front Populaire Ivoirien (FPI) en tête, ils optent pour le « non ».

projet de constitution, les manifestant réprimés, ph. ivoirebusiness.net

Projet de Constitution, les manifestant réprimés, ph. ivoirebusiness.net

Chaque camp apporte ses arguments pour justifier sa position. Le débat politique s’annonce houleux et des marches pour le « non » organisées par les partis de l’opposition sont violemment réprimées à coup de bombe lacrymogène par les forces de l’ordre avec des arrestations, des interpellations des organisateurs et des manifestants. Pour les partis de l’opposition, ils sont victimes de brimades et ils ne comprennent pas pourquoi on les empêche de faire entendre eux aussi leur voix qui est celle du « non ». Pour eux, c’est la démocratie qui est en crise. La nouvelle Constitution contient en son sein des articles qui sont pour eux assez toxiques. Notamment, l’article 55 ou l’on voit la conjonction de coordination « et » être remplacé par le « ou ». Aussi, la limite d’âge qui saute et pour bon nombre d’Ivoiriens qui ont encore du mal à comprendre et que le camp présidentiel peine à convaincre, le sénat qui est vu comme une institution de trop sera à coup sûr budgétivore.

Pour le RHDP, le projet de Constitution contient des articles qui feront le bien de la population ivoirienne. Il n’y a pas lieu de voter « non ». En disant cela, ce camp manque de convaincre des Ivoiriens qui ne voient toujours pas l’utilité de cette nouvelle Constitution. Pour que le « oui » l’emporte au soir du 30 octobre, des rencontres sont organisées par des membres du RHDP pour faire comprendre à la population tout l’intérêt qu’il y a à voter « oui ».

La population ivoirienne est majoritairement analphabète, alors, une telle population a toutes les chances de voir les politiques lui faire voter des lois qui peuvent ne pas lui faire du bien. Beaucoup sont les Ivoiriens qui iront voter « oui » simplement parce que Alassane Ouattara et le RHDP leur demandent de voter « oui ». Ils ne seront pas en mesure de juger avec discernement la portée de leur acte. D’autres voteront « non » parce que des partis de l’opposition leur demandent de le faire.

Une chose est sûre, cette nouvelle Constitution que la Côte d’Ivoire est sur le point de se doter soulève trop de passions, fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les partis de l’opposition à leur niveau également, organisent des rencontres avec la population et s’appuient sur des articles pour montrer les raisons pour lesquelles cette Constitution ne doit pas passer. La limite d’âge qui saute dans cette nouvelle Constitution est pour beaucoup un trop grand risque.

Avec toutes ces voix qui font tout pour se faire entendre pour que cette Constitution ne soit pas acceptée, il est clair que la nouvelle Constitution, si elle est acceptée, divise même les Ivoiriens avant qu’elle ne soit appliquée. Elle les oppose avant d’être validée par le peuple. Il y a déjà une fracture sociale qui se signale avant la naissance de la troisième république. Toutes ces choses n’augurent rien de bon pour la Côte d’Ivoire qui aspire à l’émergence à l’orée 2020.

Le camp du « oui » qui s’agite et qui veut que le « oui » l’emporte semble ne pas tenir compte de ces remarques, de ces inquiétudes et même ces questions qui restent en suspens. Pour eux, les partis de l’opposition ne comprennent pas le bien-fondé de cette nouvelle Constitution pour la Côte d’Ivoire.

L’on sait que l’élaboration de la Constitution de 2000 n’a pas été pareille à celle qui est soumise à référendum actuellement. Les partis de l’opposition n’ont pas pris part à son élaboration. Cela est, dit-on, pour éviter que des partis rependent encore la haine dans des articles et aussi pour aller vite. Partant de là, l’on peut comprendre le refus des partis de l’opposition d’accepter une Constitution pour laquelle ils ont été écartés quand il a été question de son élaboration.

Une chose est certaine, qu’on le veuille ou non, cette nouvelle Constitution qui, si elle est votée « oui » annonce la naissance de la troisième république, porte en elle les germes d’une probable révision constitutionnelle. Même si la nouvelle Constitution permet une révision sans forcement recourir au peuple, il est clair qu’avec tout ce que montre aujourd’hui le paysage politique ivoirien, le moment viendra où certains penseront à sa révision.

2 Commentaires

    1. Difficile à dire si c’est vrai ou faux. Beaucoup de rumeurs circulent. ce que tout le monde attend c’est le taux de participation qui sans nul doute doit être très faible.

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