grossesse interdite, ph. dmoss.org
Cérémonie de lancement de l'opération zéro grossesse

Cérémonie de lancement de l’opération zéro grossesse, © lepointsur.com

Les responsables de l’éducation nationale sont tous préoccupés par un problème assez récurrent : les cas de grossesses enregistrés dans les établissements scolaires. En effet, on enregistre ces dernières années un nombre important de filles enceintes dans les écoles. Ces filles qui tombent enceintes peuvent être obligées d’écourter leur scolarité. Vu ainsi, ce problème met sérieusement en cause les responsables du système éducatif ivoirien qui enregistrent chaque année des cas d’abandon. Dans un pays où l’on enregistre un taux peu élevé de filles scolarisées par rapport aux garçons, il est clair que l’abandon de l’école par les filles dû à un cas de grossesse est mal vu.

  • Les cas de grossesses enregistrés

Les différentes stratégies mises en place par les autorités ivoiriennes depuis quelques années en vue d’éradiquer le fléau ne donnent rien. Le désir d’enregistrer zéro grossesse en milieu scolaire, lancé en 2014, reste encore un mirage. Voir cela se réaliser semble ne pas être pour maintenant. Seulement au cours de l’année scolaire 2014-2015, on a enregistré 5 992 cas de grossesse, dont 672 au primaire contre 6800, l’année précédente. En ce qui concerne le primaire, sur les 672 cas de grossesse, il a eu 5 filles de 9, 11 de 10 ans, 95 de 11 ans et 559 de plus de 11 ans. Dans le secondaire, on a recensé 4 250 cas de grossesses, dont 23% de filles de plus de 18 ans, 30% dont l’âge est compris entre 9 et 15 ans et 47% entre 16 et 18 ans. Le nombre d’élèves filles qui tombent enceintes, comme on le voit, est vertigineux. La remarque que l’on peut faire est que les jeunes écolières sont sexuellement actives dès l’âge de 9 ans.

Quand à l’année scolaire 2015-2016, on a recensé 512 écolières dans le primaire. Au secondaire technique, on a recensé 419 cas de grossesses contre 422 cas en 2014-2015. Dans le secondaire générale, on a recensé 4554 cas de grossesses la même année contre 4250 l’année précédente. Ce qui est vraiment inquiétant. Mais alors, quelles peuvent en être les raisons ? Qui sont les responsables d’une telle monstruosité ?

  • Les causes

Les causes sont diverses. Toutefois, les premiers responsables cités sont les parents. Ils sont cités pour leur démission. Certains parents sont accusés d’être assez permissifs. Ils ferment les yeux sur certains agissements de leurs progénitures. L’on voit des filles possédant des téléphones portables de luxe, des mèches assez coûteuses ou des habits chers. Les parents, qui savent ne pas les avoir achetés pour leur enfant, restent sans mot dire. Ce silence coupable des parents est donc lourd de conséquences. Les enfants livrés à eux-mêmes font ce qui leur plaît.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains parents, les mères notamment, font savoir à leurs filles, alors que ces dernières sont encore à l’école, le désir d’avoir des petits-enfants, ou encore le désir de les connaître avant de mourir. Des discours de ce genre encouragent donc les filles à sortir avec des homme, et dès qu’elles tombent enceintes, elles exécutent alors la volonté de leurs mères.

À côté de cela, il faut souligner que la pauvreté est le principal pourvoyeur de grossesses en milieu scolaire. En effet, les élèves sont parfois loin de leurs parents, et sont obligés de louer des maisons et l’on peut parfois voir dans une même chambre les filles partager la chambre avec des garçons sans qu’ils soient frères et sœurs. Alors, on ne doit pas, dans pareille condition, s’étonner de voir ces filles tomber enceintes. Aussi, la pauvreté des parents fait que ceux-ci n’envoient pas vite de l’argent à leurs enfants alors qu’ils en ont besoin. Cela pousse les filles surtout à sortir avec des hommes pour se nourrir. Cette situation les rend vulnérables et à la merci de personnes qui pourraient profiter de la situation pour coucher avec elles. Face à cela, des mesures doivent être prises.

  • Les mises en cause

Dans l’entendement de certaines personnes, les premiers à mettre les filles enceintes sont les enseignants. Ce constat n’est pas vrai même si l’on recense certains cas isolés de grossesse dus à des enseignants. Ceux qui figurent en tête de liste sont les hommes qui exercent de petits métiers à savoir : les mécaniciens, les menuisiers, les chauffeurs, les apprentis chauffeurs, etc. Ces derniers ont la réputation de donner facilement de l’argent aux filles. Ils le font pour assouvir leur désir de coucher avec elles. Les rapports sexuels ne sont pas protégés pour la plupart. Ce qui expose les filles à des IST (Infection Sexuellement Transmissible) et des grossesses non désirées.

  • Les stratégies envisageables
Contraceptifs

Contraceptifs © ma-contraception.net

contraception injectable

contraception injectable, © fqpn.qc.ca

Éradiquer le fléau des grossesses en milieu scolaire est le vœu cher du ministère de l’Éducation nationale. Toutes les stratégies et les programmes mis en place ne peuvent avoir le résultat escompté que si les parents qui sont les premiers éducateurs des enfants s’impliquent à fond dans ce programme. Il faudrait aussi et surtout sensibiliser les élèves dès l’âge de 9 ans sur les contraceptifs comme les contraceptifs injectables qui permettraient aux filles d’éviter de tomber enceinte. Il faudra faire taire les préjugés qui existent autour des contraceptifs et encourager les parents à autoriser leurs filles à en utiliser. Même si le gouvernement menace de poursuivre les coupables devant les tribunaux, il faut aussi savoir que certains des coupables sont des camarades de classe de ces filles et sont même encore mineurs. Il conviendrait de mener des campagnes de sensibilisation d’envergure pour éradiquer ce fléau.

 

3 Commentaires

  1. Georges KOUAME, Merci pour ce billet instructif. Je l’ai d’ailleurs partagé sur la page facebook EducFilleMere. Je voudrais comprendre, il y a eu des cas de grossesses des filles de 9 à 11ans? Merci de m’éclairer.

    1. Dokpodjo Akossiwa merci pour l’intérêt porté à ce billet. Effectivement, selon les statistiques donné par le ministère de l’éducation nationale, des filles dont l’âge est comprise entre 9 ans et 11 ans ont été mises enceintes.

  2. La recette contre ce phénomène est juste de faire une éducation sexuelle aux élèves. Il ne faut plus les voir comme des enfants (puisqu’ils enceintent et tombent enceintes) mais les voir comme des futurs adultes à qui il ne faut pas empêcher d’avoir des relations sexuels mais à les avoir sans risques. l’éducation sexuelle faite pendant les cours de EDHC où de Biologie est catégoriquement insuffisante.

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *